Les écrans modifient-ils vraiment le développement de nos enfants ?

Il suffit d'observer une salle d'attente, un restaurant ou un quai de gare pour constater que les écrans font désormais partie de notre quotidien. Ils sont devenus des compagnons de voyage, des outils de travail, des moyens de communication... et souvent aussi des baby-sitters improvisés lorsque la journée devient un peu trop longue.

Soyons honnêtes : quel parent n'a jamais tendu son téléphone à son enfant en espérant gagner quelques précieuses minutes de calme ? Si vous l'avez fait, rassurez-vous, vous appartenez simplement à l'espèce humaine.

La vraie question n'est donc pas de savoir si les écrans sont bons ou mauvais. Comme souvent, la réalité est beaucoup plus nuancée.

La question est plutôt celle-ci : de quoi un enfant a-t-il besoin pour bien grandir, et quelle place les écrans occupent-ils dans cet équilibre ?

Le cerveau d'un enfant est conçu pour explorer le monde... pas seulement le regarder

À la naissance, le cerveau est extraordinairement malléable. Chaque expérience laisse une empreinte. Toucher une écorce, courir dans l'herbe, sentir une odeur de pluie, tomber puis se relever, grimper sur un rocher, écouter le chant d'un oiseau ou construire une cabane avec trois branches tordues sont autant d'expériences qui participent à son développement.

Le cerveau apprend en permanence grâce aux informations que lui transmet le corps.

Il apprend par le mouvement.

Par le toucher.

Par l'équilibre.

Par les interactions avec les autres.

Par l'exploration.

Un écran, aussi performant soit-il, ne peut offrir qu'une partie de cette richesse sensorielle.

Le pédopsychiatre Daniel Siegel rappelle que le développement harmonieux du cerveau repose sur une multitude d'expériences vécues dans le monde réel, où les sens, les émotions et les relations humaines travaillent ensemble.

Les écrans ne sont pas le problème... lorsqu'ils restent à leur place

Depuis quelques années, les écrans sont souvent présentés comme les responsables de toutes les difficultés des enfants : manque d'attention, sommeil perturbé, irritabilité, difficultés scolaires...

La réalité scientifique est plus prudente.

Les recherches montrent que ce n'est pas tant l'existence des écrans qui pose problème, mais leur utilisation excessive, précoce ou lorsqu'ils remplacent des activités essentielles au développement.

L'Organisation mondiale de la Santé recommande notamment de limiter fortement le temps d'écran chez les plus jeunes enfants et d'encourager chaque jour le jeu libre, le mouvement et les interactions avec les adultes.

Autrement dit, ce n'est pas parce qu'un enfant regarde un dessin animé qu'il va rencontrer des difficultés.

En revanche, si les écrans prennent progressivement la place du sommeil, du jeu, des repas partagés, des promenades ou des moments d'ennui, le cerveau perd de précieuses occasions de se construire.

L'ennui est un formidable terrain de jeu

Voilà une phrase qui surprend souvent les parents.

« Je m'ennuie ! »

Cette plainte nous pousse presque immédiatement à chercher une activité.

Pourtant, les psychologues savent depuis longtemps que l'ennui joue un rôle essentiel dans le développement de la créativité.

Lorsqu'aucune stimulation n'arrive de l'extérieur, le cerveau commence à inventer.

Une branche devient une épée.

Un carton se transforme en château.

Un caillou devient un trésor.

Les plus belles aventures de l'enfance commencent rarement par un programme soigneusement organisé.

Elles naissent souvent d'un après-midi où il n'y avait... absolument rien à faire.

L'ennui est parfois l'antichambre de l'imagination.

Même si, reconnaissons-le, il faut un peu de courage pour s'en souvenir lorsqu'il pleut depuis trois jours.

Le corps a besoin de vivre le monde

Depuis plus de dix ans, j'accompagne des enfants aux profils très différents.

Je remarque souvent une chose : lorsqu'ils retrouvent le plaisir de bouger, de courir, de grimper, de manipuler, de sentir leurs appuis et de jouer librement, quelque chose s'éveille.

Leur regard devient plus vivant.

Leur curiosité grandit.

Leur attention se stabilise.

Leur confiance s'installe progressivement.

Ce n'est pas un hasard.

Le mouvement nourrit le cerveau.

L'exploration construit les apprentissages.

Le corps participe à l'intelligence.

C'est précisément ce que nous rappelle Antonio Damasio : notre pensée ne flotte pas au-dessus de notre corps. Elle s'enracine dans lui.

Il ne s'agit pas de supprimer les écrans

Je ne crois pas que la solution consiste à diaboliser les nouvelles technologies.

Nos enfants vivront dans un monde numérique.

Ils auront besoin d'apprendre à utiliser les écrans avec discernement.

En revanche, ils auront tout autant besoin de préserver ce qui ne pourra jamais être remplacé par une tablette ou un téléphone : sentir le vent sur leur visage, courir après un ballon, construire une cabane, tomber puis recommencer, observer une coccinelle ou partager un fou rire avec leurs amis.

Aucune application, aussi sophistiquée soit-elle, n'a encore réussi à reproduire l'odeur d'une forêt après la pluie.

Et c'est probablement une excellente nouvelle.

Ce que m'enseigne l'Écoute Dynamique du Corps

Dans ma pratique, je ne demande jamais combien d'heures un enfant passe devant les écrans pour le juger ou culpabiliser ses parents.

Je m'intéresse surtout à une autre question :

Que reste-t-il dans sa journée pour vivre pleinement avec son corps ?

Y a-t-il du mouvement ?

Du jeu libre ?

Des temps de silence ?

Des moments dans la nature ?

Des échanges où l'on se regarde vraiment ?

L'Écoute Dynamique du Corps ne cherche pas à opposer le monde numérique au monde réel.

Elle nous invite simplement à ne pas oublier que le premier langage de l'enfant reste celui du corps.

Et que c'est en habitant pleinement ce corps qu'il apprend peu à peu à habiter le monde.

La Méthode E.D.C s'inscrit hors du cadre de santé réglementé. C'est une technique naturelle, manuelle et énergétique. Elle vise le bien-être de la personne. La Méthode E.D.C vient en complément de votre parcours de soin. Elle ne remplace pas une consultation médicale.

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